Kamakura a été dès le départ axée sur la défense de l'agressé, qu'il s'agisse d'une femme abusée sexuellement ou d'un jeune garçon intimidé dans la cour d'école.
En cela, Kamakura diffère radicalement de la plupart des lieux où on enseigne les sports de combat. En effet, on observe fréquemment, dans ces lieux, une valorisation de la force physique et de la capacité d'agression. Les « gros bras », capables de s'imposer dans les compétitions, deviennent alors les héros du stade!
La compétition sportive dans les sports de combat détient une part de responsabilité. Souvent, tout ce qu'on y voit ce sont deux hommes qui cherchent à « s'agresser l'un l'autre » à l'aide de techniques offensives (coups de poing, coups de pied, projections, soumission, etc.). Celui qui réussit le mieux à «agresser» l'autre, marque un point. Celui qui a le plus de points, gagne. La personne qui vit de l'intimidation ne se sent habituellement pas à sa place dans un tel milieu et il le quitte rapidement. Il peut aussi y demeurer et chercher à compenser sa peur en devenant lui-même un champion de l'agression et un spécialiste de l'intimidation envers les moins expérimentés. Ce qui ne règle rien au cycle de la violence et de l'intimidation.
À Kamakura, on apprend à se défendre, non à agresser.
On apprend premièrement par l'auto-protection à éviter les situations d'agression de la vie courante et à ne plus se comporter en victime. Deuxièmement, si l'agression ne peut être évitée, on apprend à se défendre d'une façon qui soit efficace et adaptée à l'intensité de l'agression subie. L'essentiel de l'enseignement porte donc sur les différentes ripostes aux quarante agressions--types que l'on peut subir dans la vie courante. On enseigne à se défendre, non à agresser. Il n'y a pas de compétition en jujitsu de Kamakura. Le vrai test, quand il y en a, il est dans la rue; là où il n'y a pas d'arbitre.
L'apprentissage de l'autodéfense telle qu'elle est enseignée à Kamakura implique une mise en forme du corps, l'apprentissage de techniques spécifiques et aussi un changement majeur au plan des attitudes. Sensei jean, psychologue depuis plus de 30 ans, en sait quelque chose. Ainsi en est-il de Sensei Chantal qui travaille depuis plus d'une décennie avec des femmes agressées.
Le jujitsu de Kamakura a été minutieusement élaboré par Sensei Jean et Sensei Chantal à partir d'une cinquantaine d'années d'expérience clinique et martiale, de dizaines de récits d'agressions subies et de centaines de techniques tirées d'une douzaine d'arts martiaux différents. La progression dans l'apprentissage, finement graduée, respecte le rythme de l'apprenant.
Le jujitsu de Kamakura est
une façon efficace et non-violente de contrer l'intimidation.
Certains seront surpris de cette affirmation et pourront objecter que cette forme de défense est en elle-même une forme de violence. Ce n'est pas le cas.
Le dictionnaire Larousse définit la violence comme étant
«le caractère de ce qui se manifeste avec une force intense, extrême, brutale [grossière]»
et, plus loin, il définit «violent» en ces termes :
«Qui use avec brutalité [grossièreté] de sa force physique; qui est très emporté».
Rien ne saurait être plus loin de la réalité en ce qui concerne le jujitsu de Kamakura, comme en témoignent les différentes démonstrations faites au fil des année et l'enseignement quotidien. Tout n'est que subtilité, contrôle, doigté, tout en sacrifiant rien à l'efficacité.