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Shizen to no yugo dojo
Qu'est-ce qu'un « dojo Â»?  Le dojo, c'est là où on apprend « la Voie Â», c'est-à-dire l'endroit où on apprend une façon de se réaliser personnellement.  Il y a plusieurs chemins pour gravir la montagne et parvenir au sommet.  Il y a plusieurs voies dans l'art martial pour se réaliser (karaté, kendo, kobudo, zen, etc.).  Un dojo, c'est un lieu, c'est aussi un groupe d'élèves, c'est aussi un sensei qui insuffle un esprit. Quitter un dojo, c'est mourir un peu.  Découvrir un dojo, c'est un départ.
À la tête du dojo, il y a le sensei, « celui qui est né avant Â» selon son étymologie.  Il y a ensuite les anciens, les sempais. Viennent ensuite les kohais, les élèves.  Les sempais ont des devoirs envers les kohais, et vice versa.  Ainsi en est-il du sensei.  Une structure existe, permettant ainsi l'harmonie, comme dans la nature.
Souvent dans les dojos, la structure est au service de l'ego du sensei et des anciens.  On écrase les moins avancés pour se valoriser personnellement.  Pourtant, personne n'a jamais grandit d'un centimètre, en abaissant l'autre.  Chez nous, on essaie d'être conscient de ce piège.
« Shizen to no yugo dojo Â» signifie « le lieu où on apprend la fusion intime avec la nature Â».  Cela peut paraître ésotérique, mais c'était l'un des buts ultimes du samouraï.  Il semble, avec tous les ravages fait à l'environnement et les répercussions négatives qu'on subit, que cette visée ne soit pas si inutile et utopique que cela.  Chez nous, nous privilégions l'entraînement extérieur autant que faire se peut. De nombreux camps en plein air parsèment l'année.
Philosophie du dojo.  Humilité, courage et persévérance sont des vertus qu'on cherche à cultiver chez nous.  Au plan martial, la force physique n'est pas valorisée à outrance. Fort, il faut l'être par moment, et souple, à d'autre moment. Rapide et fluide, connecté à l'autre, présent, voici ce qui nous apparaît être l'essence de l'efficacité.  Il est clair aussi qu'une fois le corps formé et la technique bien apprise, c'est l'esprit qui devient l'élément primordial pour assurer l'efficacité.  Shin, gi, tai disaient les anciens.  L'esprit, la technique, le corps. Mais de la même façon qu'on ne demande pas à des élèves du primaire de rédiger des dissertations, on ne demande pas à des kohais de développer tout de suite les principes supérieurs.  Il faut faire beaucoup de gammes pour espérer devenir un virtuose en musique.  Il faut répéter inlassablement les mouvements de base, pour songer à accéder un jour aux niveaux supérieurs de l'art martial.  L'humble répétition, voilà la voie martiale traditionnelle.  Il n'y a pas d'ascenseurs qui mènent à la ceinture noire, seulement un long escalier dont il faut gravir les marches une à une.
Fonctionnement du dojo.  Il y a habituellement deux entraînements par semaine.  Il est possible de ne s'inscrire qu'à un cours/semaine, mais cela dilue l'entraînement et ce n'est pas recommandé.  Chaque entraînement dure entre 1h30 et 2hres  dépendamment du niveau de l'élève.
Les cours pour les débutants se font habituellement en petits groupes.  Les cours pour les intermédiaires se font en grands groupes (10 à 25), pour permettre de pratiquer avec le plus de gens différents possibles.  Pour les cours d'avancés, on revient au petit groupe … pour le polissage avant la ceinture noire!  Il est possible pour un étudiant sérieux et assidu d'aller décrocher sa ceinture noire en trois à cinq ans.  Mais de toutes façons ... les ceintures n'ont pas une très grande importance, si ce n'est que de permettre de garder l'uniforme fermé!